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Les sciences humaines et sociales au cœur de l'interdisciplinarité pour la Méditerranée

  

Actions Programmées de Recherche Interdisciplinaire en Méditerranée

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APRIMED 2015-2016

 

 APRIMED 2015-2016


 

HYDROSYRA - Gestion des ressources en eau d’un territoire méditerranéen de l’Antiquité à nos jours : le cas de l’aqueduc du Galermi à Syracuse.

Coordinatrice : Sophie Bouffier (CCJ)

 

Partenaires : Direction archéologique de la province de Syracuse, Genie Civil (Province de Syracuse - Italie) ; Institut de Géophysique, département des sciences de la Terre, Mayence, Allemagne.

 

Le projet vise à réaliser une étude interdisciplinaire de l’aqueduc du Galermi, ouvrage d’architecture et d’ingénierie hydraulique d’environ 30km de longueur, qui puise sa source en différents points des monts Hybléens, dans l’arrière-pays de Syracuse (Sicile, Italie), et se jette dans le Grand Port de la ville. Creusé puis entretenu pour servir différents projets socioéconomiques des autorités locales à diverses époques, cet aqueduc n’a jamais fait l’objet d’une étude spécifique, comme celle qui a pu être réalisée sur l’aqueduc du Pont du Gard dans les années 1990, et qui sert de modèle au projet lancé ici. Le Galermi, parce qu’il est un ouvrage hydraulique à la fois très élaboré sur le plan technique et relativement simple sur le plan architectural, permet d’approfondir nos connaissances sur les aqueducs grecs, aujourd’hui mal connus, à l’exception de prototypes tels que l’aqueduc archaïque d’Eupalinos de Samos ou les aménagements plus tardifs de Pergame. Mais le projet, plus ambitieux, veut embrasser toutes les facettes de la diachronie car l’aménagement a marqué l’histoire du territoire syracusain et des mentalités de ses exploitants depuis l’époque antique. Il s’agit d’abord de reconstituer le cadre paléo-environnemental disponible selon les époques d’exploitation de l’aqueduc afin de comprendre en quoi il a pu répondre à la demande hydraulique des populations locales. Il s’agit également d’étudier l’aqueduc dans sa spécificité architecturale et technologique car il atteste l’application de savoirs et de compétences techniques propres aux diverses époques qui l’ont réalisé puis adapté aux besoins propres de chaque société. Il s’agit enfin à la lumière des conditions actuelles d’exploitation de la ressource, de proposer une étude comparative des politiques publiques menées en Sicile en matière de gestion d’eau. Le caractère novateur du projet réside dans la multifonctionnalité de l’objet, qui témoigne ainsi des mutations d’usage que certaines sociétés méditerranéennes ont imposées à leurs aménagements majeurs.

 
 

MEDISOPHIA - Galien et la philosophie arabe : du manuscrit à l'XML

 

Coordinatrice : Pauline Koetschet (TDMAM)

Partenaires : Institut français du Proche Orient (Beyrouth, Liban), Institut français d’Archéologie Orientale (Le Caire, Egypte), Université de Warwick (Grande-Bretagne), Université de Manchester (Grande-Bretagne).

 
 

Ce projet se propose d'étudier comment médecine et philosophie interagirent à l'époque islamique médiévale. Il est animé par la ferme conviction, vérifiée par certains travaux passés, que cette démarche permettra d'éclairer d'un jour nouveau les débuts de la philosophie arabe médiévale, et en particulier les débats portant sur l'épistémologie, la philosophie naturelle, ou encore la place de la psychologie et de la biologie. Le cœur de ce projet est occupé par la réception critique de Galien chez le philosophe et médecin arabe Abū Bakr al-Rāzī (m. 925). Le projet entend adopter une démarche novatrice et transdisciplinaire en étudiant comment la référence à Galien servit à Abū Bakr al-Rāzī et à ses détracteurs pour se situer dans des débats qui leur étaient contemporains et réévaluer la place de la médecine parmi les sciences. Ce projet se concentrera sur un genre scientifique qui a contribué à structurer les sciences arabes mais qui est encore peu exploité, celui des « doutes » et des « solutions » à ces doutes. Ces textes constituent des « anti-commentaires », pourrait-on dire, et sont tous animés d'un profond esprit critique. En effet, en lieu et place d’un commentaire lemmatique, ces textes extraient des passages problématiques du texte-source pour les attaquer. Nous proposons d'éditer et d'analyser trois textes : les Doutes sur Galien d'Abū Bakr al-Rāzī, la Solution aux Doutes sur Galien d'Abū al-ʿAlāʾ Zuhr (m. 1130), et l'Abrégé du traité Sur la méthode de traitement d'Abū Bakr al-Rāzī. Les éditions provisoires de ces trois textes seront structurées en format XML selon les standards du TEI. Cela permettra de les étudier en utilisant également les outils informatiques les plus récents. De plus, cette stratégie d'exploitation rendra à terme la diffusion de ce travail beaucoup plus large (en accord avec les maisons d'édition). L'analyse de ces trois textes permettra de renouveler profondément notre connaissance des rapports entre médecine et philosophie au début de la philosophie arabe médiévale. En effet, ces trois textes nous permettront tout d'abord de reconstruire la réception de Galien chez Abū Bakr al-Rāzī et la réaction de ses successeurs. Nous pourrons ainsi retrouver le fil directeur qui relie entre eux les écrits philosophiques et médicaux de l'oeuvre d'Abū Bakr al-Rāzī. Enfin, nous faisons l'hypothèse, vérifiée en partie dans les travaux passés de la coordinatrice, qu'à travers la critique puis la défense de Galien par les détracteurs d'Abū Bakr al-Rāzī se joue un pan du vaste débat entre le platonisme et l'aristotélisme qui anima les débuts de la philosophie arabe médiévale, ainsi qu'une réflexion sur la place de la médecine parmi les sciences et en particulier le rapport de la médecine à la philosophie naturelle, mais aussi à la théologie. C’est pourquoi nous comparerons, grâce à une collaboration avec d'autres spécialistes de la philosophie arabe, le rôle joué par la critique de Galien chez al-Rāzī avec celui que cette critique joue chez les philosophes postérieurs au tournant aristotélicien, et en particulier al-Fārābī et Averroès. Nous nous intéresserons aux relations entre médecine et biologie chez les trois auteurs que sont al-Rāzī, al-Fārābī et Averroès.

 

En effet, la critique de Galien chez al-Rāzī tourne majoritairement autour de l'interprétation de l'héritage platonicien, dont se réclament à la fois Galien et al-Rāzī. Après le tournant aristotélicien qui marqua le devenir de la philosophie arabe à partir du Xe siècle, les théories galéniques sont âprement discutées par les philosophes, tout en demeurant prégnantes. Enfin, nous étudierons la réception des traités biologiques d'Aristote chez al-Rāzī, sujet encore très peu abordé.

 

Nous espérons que la mise en œuvre de ce projet montre que les frontières entre les sciences et entre les disciplines, à l’époque arabe médiévale, étaient franchies en permanence par les philosophes et les médecins.

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